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Barnum – chroniques (Virginie Symaniec)

224 pages ;  intérieur noir et blanc, couverture couleur, rabats.

Prix : 17€

ISBN : 978-2-9545163-9-4 ; EAN : 9782954516394

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Description

Barnum – chroniques

224 pages ;  intérieur noir et blanc, couverture couleur, rabats.

Prix : 17€

ISBN : 978-2-9545163-9-4 ; EAN : 9782954516394

Virginie Symaniec est historienne, spécialiste de théâtre et de l’histoire culturelle de la Russie et de la Biélorussie – régions qu’elle connaît parfaitement et dont une partie de sa famille est originaire. Elle a été dramaturge et a monté des pièces dans les endroits d’Europe les plus improbables.

En 2013, elle fonde sa maison d’édition, Le Ver à soie. Et c’est par les livres qu’elle publie qu’elle continue aujourd’hui d’entretenir cette relation intime avec les pays d’Europe de l’Est et, plus largement, avec la littérature.

Mais comment faire connaître et commercialiser son catalogue ? Virginie Symaniec a imaginé d’aller au plus près des lecteurs, si possible là où le public ne l’attend pas : l’essentiel de sa production, elle la vend sur les marchés des places des villes et des villages.

C’est cet univers qu’elle nous dévoile dans Barnum – chroniques, avec beaucoup d’humour et une verve joyeuse qui alterne avec une réelle gravité. Un univers sur lequel elle porte un regard empreint d’une grande acuité politique tout autant que d’une profonde humanité : un monde de marchands, de forains et de petits vendeurs aux vies multiples et souvent fracassées, qui ne perdent jamais leur humour ou leur esprit combatif. Un monde régi par des règles strictes mais jamais écrites, animé par des acharnés du travail qui ne craignent aucun frimas, aucune intempérie, et qui portent haut le sens de la loyauté et de la justice.

Aujourd’hui, sur les marchés, on prête attention à la voix de « la Dame des livres », qui attire sur son stand des clients qui n’avaient jamais ouvert un livre.

Extraits :

“La chambre de mon grand-père avait valeur d’atelier. J’y étais tout le temps fourrée. Cela sentait l’encre et la peinture à l’huile. Je pouvais passer des heures à le regarder peindre. Il me mettait souvent sur une chaise à hauteur de la presse, cette presse qu’il s’était saigné à acheter et sur laquelle il imprimait des tracts et autres feuillets à l’attention de la diaspora. Pour cela, il avait fait modeler des lettres de plomb spéciales en cyrillique biélorussien. Alors je le regardais placer les lettres une à une. J’avais le droit d’aider à encrer. Ensuite, on plaçait minutieusement la feuille de papier sur les petites lettres de plomb encrées, puis on pressait. Ce qu’il en ressortait était encore pour moi illisible, mais le processus était absolument magique. Un été a priori comme les autres, je suis partie en vacances en Ardèche avec ma grand-mère maternelle. À l’époque, ma grand-mère maternelle louait une petite maison au bord d’un virage dans un petit village qui s’appelait Grospierres en Ardèche. De l’autre côté du virage, le téléphone a sonné. Je me suis précipitée, comme d’habitude et, au bout du fil, j’ai entendu : « Ton grand-père est mort ». Qu’est-ce que cela voulait dire ? Personne n’avait l’air de le savoir.”

“Lorsque, l’autre jour, une dame m’a demandé de lui faire un prix sur le Volkina, j’aurais pu tout simplement lui répondre que le livre était assujetti à la loi sur le prix unique du livre ce qui contraint la manière de le solder. J’aurais pu aussi lui répondre que, plus simplement, je n’étais pas le père Noël. Finalement j’ai refusé, poliment, en lui expliquant que ce qui était exposé sur mes tables représentait du travail et que je ne bradais pas ce travail :

– Vous voulez que je vous cède le pourcentage de qui ? lui ai-je demandé. Celui de l’auteur, de l’illustratrice, de la graphiste, de l’imprimeur ou du mien ? Je vous laisse décider : qui de mon équipe devra vivre moins bien que les autres à la rentrée ?

La dame, qui n’avait pas pensé une seule seconde qu’un livre était fabriqué par des gens qui ne sucent pas des pierres, n’a plus su quoi répondre et n’a plus demandé de remise.

Dans les faits, sur le marché, très peu de gens demandent des faveurs ou des privilèges.”

 

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