18,00

Barnum – chroniques (Virginie Symaniec)

232 pages ;  intérieur noir et blanc, couverture couleur, rabats.

Prix : 18€

ISBN : 978-2-9545163-9-4 ; EAN : 9782954516394

Catégorie :

Description

Barnum – chroniques

232 pages ;  intérieur noir et blanc, couverture couleur, rabats.

Prix : 18€

ISBN : 978-2-9545163-9-4 ; EAN : 9782954516394

Virginie Symaniec est historienne, spécialiste de l’histoire du théâtre en Russie et en Biélorussie. En 2013, elle fonde Le Ver à soie, sa maison d’édition, prolongeant par les livres qu’elle publie la relation intime qu’elle entretient avec la littérature, française et étrangère.

Mais comment faire connaître et commercialiser son catalogue ? Virginie Symaniec a imaginé d’aller au plus près des lecteurs, si possible là où le public ne l’attend pas : l’essentiel de sa production, elle la vend sur les marchés des places des villes et des villages.

C’est cet univers qu’elle nous dévoile dans Barnum – Chroniques, avec beaucoup d’humour et une verve joyeuse qui alterne avec une réelle gravité. Un univers sur lequel elle porte un regard politique profondément humain : le monde des marchands et des forains aux vies multiples et souvent abîmées, qui ne perdent jamais leur humour ou leur esprit combatif. Un monde régi par des règles strictes mais non écrites, animé par des acharnés du travail qui ne craignent ni frimas, ni intempérie, et qui portent parfois haut le sens de la loyauté et de la justice.

Aujourd’hui, sur les marchés, on prête attention à la voix de « la Dame des livres », qui attire sur son stand des clients qui n’avaient jamais ouvert un livre.

Extraits :

“La chambre de mon grand-père avait valeur d’atelier. J’y étais tout le temps fourrée. Cela sentait l’encre et la peinture à l’huile. Je pouvais passer des heures à le regarder peindre. Il me mettait souvent sur une chaise à hauteur de la presse, cette presse qu’il s’était saigné à acheter et sur laquelle il imprimait des tracts et autres feuillets à l’attention des Biélorussiens de France. Pour cela, il avait fait modeler des lettres de plomb spéciales en cyrillique biélorussien – quelques sons diffèrent du russe et possèdent leur propre graphie. Alors je le regardais placer les lettres une à une. J’avais le droit d’aider à encrer. Ensuite, on plaçait minutieusement la feuille de papier sur les petites lettres de plomb, puis on pressait. Ce qu’il en ressortait était encore pour moi illisible, mais le processus était absolument magique. Un été a priori comme les autres, je suis partie en vacances en Ardèche avec ma grand-mère maternelle. À l’époque, elle louait une petite maison au bord d’un virage dans un village qui s’appelait Grospierres. De l’autre côté du virage, le téléphone a sonné. Je me suis précipitée, comme d’habitude et, au bout du fil, j’ai entendu : « Ton grand-père est mort. » Qu’est-ce que cela voulait dire ? Personne n’avait l’air de le savoir.”

…“Lorsque, l’autre jour, une dame m’a demandé de lui faire un prix sur le Volkina, j’aurais pu tout simplement lui répondre que le livre était assujetti à la loi sur le prix unique du livre, ce qui contraint la manière de le solder. J’aurais pu aussi lui répondre que je n’étais pas le père Noël. Finalement j’ai refusé, poliment, en lui expliquant que ce qui était exposé sur mes tables représentait du travail et que je ne bradais pas ce travail :

– Vous voulez que je vous cède le pourcentage de qui ? lui ai-je demandé. Celui de l’auteur, celui de l’illustratrice, celui de la graphiste, celui de l’imprimeur ou le mien ? Je vous laisse décider : qui de mon équipe devra vivre moins bien que les autres à la rentrée ?

La dame, qui n’avait pas pensé une seule seconde qu’un livre était fabriqué par des gens qui ne sucent pas des pierres, n’a plus su quoi répondre et n’a plus demandé de remise.

Dans les faits, sur le marché, très peu de gens demandent des faveurs ou des privilèges.”…

…“Sur le marché de Noël d’Alfortville, je me suis retrouvée face aux crêpes, au vin chaud et aux barbes à papa. On ne concurrence pas les crêpes, le vin chaud ni les barbes à papa quand on vend des livres, sauf, peut-être, quand on parle des livres comme je le fais. Je l’ai compris lorsque cette famille de camelots rroms est venue m’offrir un énorme paquet de chichis sucrés pour engager la conversation samedi soir.

— Dites donc, ça a l’air de bien marcher, pour vous ! Mais alors, c’est vous qui les faites, ces livres ?

Ces gens ne lisent pas. Ce n’est pas leur truc, a priori. Il y avait pourtant beaucoup de respect dans leur attitude, cela m’a fait tout drôle. Il faut dire que maintenant, je sais à peu près tout sur l’art de faire des crêpes en plein air, parce que c’est avec moi qu’ils ont eu envie de parler de leur métier, de leurs problèmes, de leur histoire, de leurs rêves.”

 

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Barnum – chroniques (Virginie Symaniec)”

detail product

    No detail information

about the author