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Écris-moi à Mexico. Correspondance 1941-1942 (Victor Serge et Laurette Séjourné)

Vladi Kibaltchitch, Victor Serge à sa table de travail à Ciudad Trujillo, juillet 1941. Fonds Jeannine Kibaltchitch, Archive du Centro Vlady de l’Universidad Autónoma de la Ciudad de México

 

ISBN: 978-2-9545163-5-6

Collection Traces.

224 pages noir et blanc ; rabats ; format : 12 x 17 cm.

17€ ; 12€ jusqu’au 10 novembre 2017

Description du produit

« Écris-moi à Mexico »

Correspondance de Victor Serge et Laurette Séjourné (1941-1942)

“Ma Laurette chérie, nous ne reprendrons la mer – sans doute – que ce soir. J’ai quelques instants pour t’embrasser et te parler avant qu’André [Breton] ne redescende à terre. Si tu savais comme je pense à toi ! J’ai longuement rediscuté avec moi-même de ce qui est fait. N’ai-je pas eu tort, n’avons-nous pas eu tort, connaissant (moi surtout) l’angoisse et le péril des séparations, de consentir à celle-ci ? Ne fallait-il pas faire l’impossible pour synchroniser nos départs, même en différant le mien ? Je penche à admettre que la solution du courage s’imposait raisonnablement – maintenant il s’agit de la rendre féconde, d’en tirer un très grand bonheur et beaucoup dépend de toi, puisque c’est à toi de faire vite pour Jeannine et toi-même. –

Ciel magnifique, hier soir, tout bouleversé. La Grande Ourse formait au-dessus de nous, presque au zénith, un immense point d’interrogation. Je me disais que tu voyais ces étoiles et qu’elles te rapprochaient de moi, mais j’aurais été si heureux de partager avec toi mon émerveillement devant ce nouveau visage du ciel.–

Triste et absurde un bateau à l’ancre, dans un port, attendant on ne sait quoi – cafardant. L’avance du voyage semble justifier les séparations, tout ce que l’on laisse d’amour derrière soi, – l’immobilité me plonge dans des gris étouffants. J’ai relu, pour me soulager, en marchant sur le plus haut pont, Le Bateau ivre.

Je t’aime infiniment, gravement, clairement, ma Laurette chérie. Je t’embrasse beaucoup. Au revoir !”

(lettre de Victor Serge à Laurette Séjourné, 29 mars 1941 – 1re lettre du corpus)

Victor Serge — journaliste, romancier,  ancien anarchiste, révolutionnaire bolchevique, traducteur du russe, poète, chroniqueur… génial visionnaire des dérives dans lesquelles les hommes de son temps se sont enfoncés, mais toujours plus humaniste qu’eux tous —

En 1940, cet apatride doit fuir au plus vite la France occupée. Il séjourne quelques mois à Marseille en compagnie d’autres écrivains, intellectuels, artistes (André Breton, Benjamin Péret…), dans la villa Air Bel (dite “villa Espèrevisa”). Grâce au réseau du Comité américain de secours dirigée en France par Varian Fry, il obtient un visa pour le Mexique et embarque avec son fils Vladi le 24 mars 1941 à bord du Capitaine Paul-Lemerle (ainsi qu’André Breton, Claude Lévi-Strauss et Anna Seghers, entre autres).

Il laisse en France sa compagne, Laurette Séjourné, et sa petite fille, Jeannine.

Il lui faudra six mois pour atteindre et Mexique et une année complète avant que Laurette et lui ne se retrouvent. Une année durant laquelle ils s’écrivent, même si la correspondance est hasardeuse et lente.

Écris-moi à Mexico est le recueil de ces lettres. Elles racontent la vie d’un réfugié, en butte aux persécutions de l’administration, aux affres de la séparation, mais aussi fasciné par la beauté des paysages qu’il découvre, de la vitalité des Amériques…

Un document inédit exceptionnel.

Avec une préface de l’historien Adolfo Gilly, Victor Serge ou Le dernier exil.

Enveloppe contenant une lettre de Laurette Séjourné à Victor Serge, datée du 2 avril 1941. Adressée à André Breton qui devait remettre la lettre à V. Serge à Casablanca, car ce dernier, apatride, n’avait pas le droit de mettre pied à terre.

Information complémentaire

Dimensions 17 x 12 cm

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